• Un Moment d’égarement

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    Un instant savoureux

     

    Remake d’un film du même titre, écrit et réalisé par Claude Berri en 1977, Un moment d’égarement, réalisé par Jean-François Richet et sorti en salle en Juin 2015, a le mérite d’offrir un instant de fraîcheur réflexive quant aux mœurs actuelles face à la sexualité se proclamant libre, mais demeurant paradoxalement irrémédiablement bridée par des codes, valeurs, principes, tabous.

    Résumé :

    Amis de longue date, Antoine et Laurent passent leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna, 17 ans et Marie, 18 ans. Un soir, Louna séduit Laurent, puis en tombe amoureuse ; alors que leur histoire ne relève que d’un accident de parcours aux yeux de l’homme troublé. Sans dévoiler le nom de son amant, Louna se confie à son père, qui cherche alors à découvrir le coupable.

    Un moment d'égarement

    Entre drame et comédie, le film évolue efficacement, durant plus de quatre-vingt-dix minutes, sans laisser planer l’ombre fugace d’un éventuel ennui. Simple, l’intrigue se construit patiemment autour de légers rebondissements percutants. Le traitement de l’humour est admirablement bien dosé. Il sert le scénario avec justesse, en l’allégeant du poids d’un sujet délicat. Vierge de surprises monumentales, le genre traité tient toutefois ses promesses, grâce à son ambiance travaillée et son sujet parlant.

    Accompagné par des dialogues frais et des passages ponctuellement humoristiques, le cheminement des personnages s’en trouve plus léger, émouvant, captivant. Sensualité, tendresse, ivresse, tristesse, détresse s’entremêlent au fil de l’évolution de leur relation.

    En parallèle, le casting ne manque pas de séduire. Dans son rôle de père démuni devant l’émoi envahissant d’une jeune femme en fleur − jouée par la séduisante Lola Le Lann, pour la première fois sur les écrans − et l’ampleur de son propre désir « interdit », Vincent Cassel convainc. Sublime dans la peau de l’amie égarée, Alice Isaaz apporte les couleurs d’une mélancolie torturée.

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    Si François Cluzet, caché derrière le masque du paternel courroucé de savoir son enfant « innocent » aux griffes d’un homme deux fois plus âgé, tient parfaitement la route au commencement de l’aventure, il tend cependant rapidement à succomber à l’exagération dans son jeu, peinant, dès lors, à convaincre.

    Un deuxième bémol concernerait les protagonistes à proprement parler. Une plus grande attention portée à leurs personnalités, déjà bien esquissées, aurait permis de les asseoir durablement. Quoi qu’il en soit, les sentiments de Louna envers son aîné se dessinent progressivement ; une métamorphose émotionnelle importante non présentée dans la première version de l’histoire, malgré leur complicité antérieure aux faits largement plus définis.

    Le dernier aspect dérangeant revient à la chute cruelle, car suggérée, ne pouvant être au goût de la majorité. Quasiment similaire, la fin proposée en 1977 présentait, néanmoins, un schéma davantage limpide, en ce qui concerne l’avenir du couple, permettant au spectateur de ne pas rester sur sur sa faim.

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    Finalement, si la simplicité ne constitue pas un défaut, Un moment d’égarement dispose des armes nécessaires indispensables à la séduction, en remettant au goût du jour une belle aventure passée à dépoussiérer . Doté d’un charme fou, ce long métrage offre, en conséquence, un joli divertissement à savourer le temps d’un soupir.

    Un moment d'égarement- Laura des mots

    Site :

    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19554006&cfilm=228542.html